LA BEUQUETTE / Coume
Dans le cadre forcément enchanteur de notre nouvelle Semaine du Patois, tournons, comme promis, la première scène du film « Bin'v'nu chu les Sanglés ! »
Débarque au logement de fonction du bureau de poste d'un bourg de l'Ardenne sauvage, un receveur chassé du Midi. Un agent indigène de La Poste l'accueille en grommelant : « Vous z'arin pu m'prévn'i de vo arrivèye, d'j'arau ramounèye la cagna. C'tou là d'avant, i n'éta mi narreu, i ramouna à Pâques et à la Trinitèye, et co. Fa daire qu'il est dou coin, ed'Ch'ponsart, un villad'ge où ils sont tourtout niches » (Vous auriez pu me prévenir de votre arrivée, j'aurais balayé la maison. Celui d'avant, il n'était pas regardant. Il balayait à Pâques et à la Trinité, et encore. Faut dire qu'il est du coin, de Gesponsart, un village où ils sont tous sales).
Eberlué, le proscrit du Midi reste sans voix. Le fonctionnaire indigène s'exclame : « R'waitez le ramon, il est coume nu ! Yauque, nem ! » (Regardez le balai, il est comme neuf ! Yauque, nem !).
Yanny Hureaux
(L'Union / L'Ardennais du 24 juin 2008)